La broderie Shams – l’atelier de broderie précieuse indienne (salon PAF 2017)

 dans Cours, stages & ateliers

Connaissez-vous la broderie Shams ? C’est une technique de broderie que j’ai découverte au salon Pour l’amour du fil (2017) lors d’un atelier intitulé « broderie précieuse indienne avec les brodeurs Shams ».

Lorsque je me suis inscrite à cet atelier, je ne savais pas qui était les brodeurs Shams, mais j’étais sous le charme des modèles proposés pour l’atelier. J’ai donc mené ma petite enquête pour en apprendre plus.

Un brin d’histoire

Difficile de parler de broderie Shams sans présenter la broderie Zardosi.

D’origine Perses, la broderie Zardosi s’est d’abord développée au nord de l’Inde à partir du XVème siècle. Composé de deux mots, Zardosi se traduit littéralement par « broderie d’or » (zar : or, dozi : broderie). On brodait à l’aiguille avec du fil d’or ou d’argent, des fils de soie et des pierres précieuses.

C’est au cours du XVIème siècle, sous le règne de l’empereur Moghols Akbar, que la broderie Zardosi connu un véritable essor. La broderie d’or ornait les costumes de cour, parures d’éléphants, mobiliers, palanquins, etc. Un luxe que seul les élites pouvaient s’offrir.

On fabriquait ces luxueuses broderies dans des ateliers tenus exclusivement par des hommes.

Au XVIIème siècle, l’empereur Aurangzeb stoppa la promotion de la broderie Zardosi. Il s’en suit un long déclin principalement dû au coût des matières premières.

Il faudra attendre l’indépendance de l’Inde en 1947 pour que le gouvernement en place relance l’industrie de la broderie. Grâce à l’invention du fil de cuivre plaqué (cannetille), le prix des matières est plus abordable, ce qui rend la broderie Zardosi accessible à un plus large publique.

Aujourd’hui, elle connait un grand succès dans les milieux du luxe et du tourisme, parfois au détriment des conditions de travail des brodeurs indiens.

--- Aller plus loin ---

Deux articles très intéressants pour en apprendre plus sur les brodeurs indiens, leurs conditions de travail et les maisons de luxe aujourd’hui :

Les indiens, petites mains du luxe – lemonde.fr
La broderie française renait à Madras – lefigaro.fr

De père en fils, les brodeurs Shams

C’est dans l’atelier de la ville d’Agra, en Inde que la tradition se transmet de génération en génération.

Seihk Shams Uddin (1917-1989) appris de son père la broderie Zardosi et la peaufinât au fil des années en y ajoutant du volume. Cette nouvelle approche de la broderie Zardosi en 3D et son talent de brodeur fera de lui l’un des meilleurs brodeurs Zari (broder avec des fils métalliques) de son temps.

Ses broderies, d’une grande richesse sont devenues célèbres à travers le monde. Si célèbre que l’on donnera son nom à cette technique 3D : la broderie Shams.

Certaines de ses œuvres comme le « bouquet » (2,30m x 1,68m) brodé de soie, de pierres précieuses et semi-précieuses ont demandées jusqu’à 11 années de travail ! Ses broderies sont conservées dans un musée privé à Agra. (Je n’ai malheureusement pas de photos à vous présenter pour des raisons de droit d’auteur, mais vous pouvez en voir ici )

Ce savoir-faire est perpétué aujourd’hui par la famille Shams et ses brodeurs. Un savoir-faire que j’ai eu le plaisir de découvrir lors de l’atelier « broderie précieuse indienne » au salon Pour l’amour du fil (2017).

L’atelier : broderie précieuse indienne avec les brodeurs shams

Nous étions une quinzaine de passionnées du fil à participer à l’atelier « broderie précieuse indienne ». De grands métiers étaient préparés avec une toile à beurre tendue et une pièce de velours fixée pour chacune d’entre nous. Les métiers étaient assez grands pour broder à 4 personnes dessus.

Pour cet atelier, on avait le choix entre deux modèles : rouge, vert, or ou mauve, gris, argenté. J’ai choisi le rouge.

A l’intérieur du kit :

  • Un assortiment de 4 aiguilles différentes ;
  • Une paire de ciseaux traditionnel (il était difficile de faire un travail de précision avec);
  • Deux dés à coudre ouverts ;
  • De la craie et un petit sachet d’huile d’amande douce pour le transfert ;
  • Un calque avec le motif perforé ;
  • Deux bobines de fils de soie (rouge et vert) ;
  • Des fils métalliques dorés (cannetilles et jaserons) ;
  • Des pierres semi-précieuses ;
  • La vidéo présentant le modèle.

Les brodeurs Shams transfèrent pour chacune d’entre nous le motif sur notre pièce de velours. Pour cela, ils utilisent un mélange de craie et d’alcool qu’ils passent sur un calque à trou.

L’odeur très forte du produit et la chaleur étouffante du salon nous montaient vite à la tête.

Transfert du motif à l'aide de la poudre de craie - Atelier broderie indienne avec les brodeurs shams au salon pour l'amour du fil 2017

Une fois le motif transféré, on commence à broder les contours des fleurs et des feuilles avec le fil métallique (jaseron).

La main gauche sous le métier et la main droit au-dessus, c’est ainsi qu’il faut broder nous dit le maitre d’atelier. Je n’ai pas été très bonne élève sur ce point. J’avais bien besoin de mes deux mains sur le métier, l’une pour maintenir le fil métallique, l’autre pour le fixer avec du fil de coton jaune.

Une fois les contours terminés, vient l’étape du rembourrage avec des fils de coton. Ce fût l’étape la plus difficile pour moi. Passer la plus grosse des aiguilles dans le velours n’était pas facile. J’avais les mains très moites par la chaleur ambiante, l’aiguille me glissait entre les doigts lorsque je tirais dessus. Je m’en suis finalement sortie en attrapant l’aiguille avec mes deux mains.

Je brode le motif de broderie shams à l'atelier broderie précieuse indienne au salon PAF 2017

Ensuite, il faut recouvrir le rembourrage de coton par les fils de soie. On brode avec 6 fils par aiguillé. L’un des brodeurs a fait une démonstration sous mes yeux, j’étais émerveillée par la vitesse et la précision du geste. Leurs aiguillés sont très longue, c’est surprenant. Pour ma part, avec des aiguillés aussi longue, mon fil ne fait que de s’emmêler, surtout quand il y a 6 fils ! J’ai donc raccourci un peu.

Les 3 heures d’atelier sont déjà passées, à peine le temps de finir une fleur. Les brodeurs passent auprès de chacune d’entre nous pour finaliser la broderie et poser les perles. Encore une fois, il brode à une rapidité déconcertante !

broderie shams - fleur réalisée lors de l'atelier broderie indienne au salon PAF 2017

Me voilà donc avec une petite fleur et un ouvrage à terminer à la maison. J’ai beaucoup apprécié de voir les brodeurs travailler sur nos ouvrages, tout autant que de découvrir et d’essayer cette belle technique que la broderie Shams.

 

 

 

Showing 6 comments
  • Marie-Paule H.
    Répondre

    Merci Marie je ne connaissais pas, je vais réessayer sur leur lien après, pour le moment je n’arrive pas à ouvrir c’est mis en construction. bravo pour ton premier travail !

    • Marie

      Merci ! c’est vrai que leur site est en construction. J’espère qu’il sera bientôt disponible pour que l’on puisse admirer leur travail.

  • Michèle
    Répondre

    bravo et merci de nous faire partager ces techniques

    • Marie

      Merci pour votre petit mot !

  • veronique
    Répondre

    c’est un reel plaisir que de regarder ces techniques… c »est magnifique

    • Marie

      oui ! Je suis très contente d’avoir participé à cette masterclass, il y avait de très belles pièces, un vrai régal pour les yeux. Merci pour votre petit mot.

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